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Les 5 lauréat.e.s GIVE ME FIVE! 2018

10 artistes émergent.e.s se sont produit.e.s sur scène à la Java les 4 et 5 avril, dans le cadre du dispositif de détection et d’accompagnement de musicien.ne.s du Réseau MAP.

Les 5 lauréat.e.s GIVE ME FIVE! 2018

Vous avez pu apprécier la générosité de Velvet Choir, la délicatesse d’Odds & Ends, le rock-lofi de Twirrl, l’intensité de 1=0 ou encore le hip hop instrumental de VSSVD, mais aussi explorer des îles lointaines avec Maur Cyriès, voguer avec Emma Beatson, danser avec PriXL, s’enflammer avec SIMIA et se laisser envouter par l’électro orientale de Ko Shin Moon

Le jury a voté en direct pour 5 artistes qui seront accompagné.e.s par les forces du Réseau et ses partenaires pendant un an. On vous propose de découvrir leurs profils. 

Emma Beatson

Fille d’une mère anglo-caribéenne et d’un père français, Emma grandit avec la musique des Stones, Prince, Nas, D’angelo, Ray Charles, Gainsbourg, Radiohead, ou encore Stevie Wonder, et se découvre une passion pour la musique afro-américaine. 

Après son bac, elle intègre l’école de musique ATLA et un conservatoire de jazz, puis part à New York où elle suit des cours de chant, arpente les clubs qui abritent des « jams sessions » et passe ses dimanches dans des églises de Harlem. C’est alors qu’elle débute l’écriture de son premier album anglophone, « OBK Sessions », aux influences soul, blues et rock. 

Suite à la sortie de cet album en 2015, Emma Beatson foule les scènes des Solidays, du Printemps de Bourges, des Déferlantes et remporte le tremplin Pression Live 2015. Elle chante et compose pour de la musique à l’image et le remix de son single « Do it » apparaît en sur la compilation de Craig Charles de la Radio BBC. 

Elle se remet alors à écrire et travaille le son. Il témoigne désormais d’une « envie d’espace, de mouvement, de dire les mots, de laisser faire » et comporte « des beats hip hop, des mélodies acrobatiques, des refrains pop » mais aussi « des synthés aquatiques » qu’elle accompagne de textes en français parlant de créatures marines, d’amour et d’ivresse. 

Habituellement entourée de musiciens, elle a proposé lors de la finale à la Java une formule live en solo. Accompagnée d’un synthé et de son touchpad, elle a présenté sur scène plusieurs nouveaux morceaux, dont le premier single de son nouveau projet, intitulé « Gris », sorti le 6 avril sur toutes les plateformes. 

A retrouver sur ItunesSpotify et Deezer

Ko Shin Moon

Axel Moon et Niko Shin sont amis et musiciens depuis une dizaine d'années quand ils décident de monter leur projet musical en janvier 2017. Discrets et refusant de personnifier leur musique, il est difficile de les identifier et de comprendre la genèse de leur projet. Interviewés par Radio Campus Paris en juin dernier, ces deux musiciens français, adeptes d’expérimentations ethno-musicales et éclectiques ont témoigné de leur démarche artistique: Omni Sight Seeing (reprenant ainsi le titre de l’album d’Hosono qui reprend dans un même album éléctronica, musique traditionnelle Japonaise, sonorités orientales, exotica, free jazz…) 

Leurs titres font voyager l’auditeur des Balkans, au Moyen-Orient, de l’Inde à l’extrême orient, expérimentant les textures sonores, les mouvements mélodiques, les figures rythmiques. S’ils considèrent la musique comme un médium qui permet de d’explorer des territoires, des identités diverses, elle permet également de voyager dans le temps. Ainsi leurs titres sont-ils d’abord construits à travers la pratique d’instruments traditionnels, qu’ils ramènent de leurs voyages et de samples de voix  enregistrées sur place puis déconstruites et retravaillées à l’aide d’éléments électriques/éléctroniques (synthétiseurs, boites à rythmes…). 

Des instruments et des machines : c’est la formule live qu’ils ont proposée le 5 avril à la Java. Débutant avec un live uniquement électronique, alliant jeu au synthétiseurs et soutien rythmique mécanique,  leur set a intégré petit à petit des samples vocaux et des parties vocodées/autotune chantées en turc et en anglais par Axel Moon, qui a terminé son set accompagné d'un Bağlama, un luth turc.

Représentés par le label Akuphone, acteur du renouveau de la musique « world » en France, Ko Shin Moon n’a pas fini de nous surprendre !

On les retrouvera le 3 mai à l’Aérosol et le 26 mai aux Grands Voisins

Maur Cyriès

Maur Cyriès est un compositeur français de 27 ansqui ose vous embarquer dans les dédales périlleux de son univers de canailles, viscéral et lo-fi. Son univers, il le construit aussi bien dans la musique, que dans les mots et les images. Né au Maroc, école à Singapour, diplôme de maitre-nageur obtenu fièrement à Cardiff, un mois de coma, impressionnante collection de cicatrices, fasciné par le symbolisme, les mythologies et les cultures d'extrême orient, aime la voie lactée et l'odeur du tabac séchant sous un soleil de plomb, il (essaye) produit son alcool, traverse les nuits tropicales sur une vielle moto déglinguée, quatre ans à Siem Reap, crée la première école de cinéma du Cambodge, enseigne la composition aux beaux-arts de Phnom Penh, produit une pièce musicale pour le roi Norodom Sihanouk, est l'ami de fantômes, d'astronomes du XIXème siècle, d'explorateurs mondains au bras de duchesses ruinées et de contrebandiers miséreux.

Maur Cyriès a proposé un live à la Java, entouré de Tom Escobar, son guitariste (oui, il est de Medellín comme son illustre ancêtre), de Nicolas Tassily, un jazzman claviéristeet de Jordi, bassiste guatémaltèque arborant des tatouages mayas, de Rodrick, son percussionniste aventurier qui joue d’ailleurs d’un instrument créé de toute pièces : le saskia. Lorsqu’il était professeur au Cambodge, Maur découvre le Krong Thom, un instrument hérité de l’âge de bronze que l’on retrouve aujourd’hui sur les ruines d’Ankhor. Ces krong thoms ont été ramenés du Cambodge et assemblés avec des gongs thaïlandais afin de créer des gammes chromatiques. Cet assemblage artisanal de deux types de percussions d'Asie du Sud-Est provoque une légère fausseté qui donne sa couleur à la musique de Maur Cyriès. 

Le groupe aura notamment proposé à la Java le morceau « Local Bar », composé dans les bars crasseux et quelques bordels sordides de Phnom Penh, des scènes improbables, dans une crasse dégoulinant de sueur et de personnages dépravés. 

On vous laisse voyager avec la troupe de mutins de Maur Cyriès et son Wild Animal Tour. C’est par ici

Twirrl 

Nouvelle recrue du label lillois Play it Loudly, cet amoureux des magnétophones à bande produit une pop lo fi réinventée il y a peu par les Ariel Pink, Ty Segall, Mac Demarco et confrères. Quelques minutes de discussion avec ce multi instrumentiste gaucher suffisent pour comprendre qu’il a un pied dans le futur et l’autre dans le passé. Le fameux son de l’enregistreur K7 8 pistes et les guitares bons marchés font clairement partie de l’équipe du passé. Mais quand on le voit créer ses propres synthés et ses effets audio sur l’obscure logiciel Supercollider installé sur son Rasperry Pi on comprend qu’il a un peu d’avance sur l’humanité quand il faut parler aux ordinateurs, le futur donc. Le garçon est généreux et offre ses synthés sur son site internet. Ses clips baignent dans une douce ambiance d’auto dérision romantique. 

Sur scène, Twirrl défend les couleurs psychédéliques de sa pop en solo accompagné d’un lecteur K7 et ses synthés programmés. 

Mais ce n’est pas impossible de le voir entouré d’un vrai backing band. C’est avec un bassiste, un guitariste et un batteur que Twirrl nous a proposé un set synth-rock-lofi énergique. Lui-même à la voix, à la guitare et au clavier, le multi-instrumentiste a également sorti sa flûte traversière sur la scène de la Java.

Pour tous les amoureux de bon goût, le clip d’Erase+Rewind, à découvrir absolument.  

VSSVD

Qui a dit que le hip hop devait se cantonner à ses frontières habituelles ? En tous cas, c’est ce que VSSVD n’a pas décidé de faire. 

Sur la scène de la Java, VSSVD a joué plusieurs titres issus du premier EP « Sabrina »  aux sonorités acoustiques, parfois rock, parfois jazz mais également quelques morceaux inédits. VSSVD, c’est un chanteur lead, un claviériste, un batteur, un contre-bassiste, et un saxophoniste – qui souffle dans deux saxophones en même temps, et qui parfois, sur les morceaux inédits, assure aussi les backs. Du chant, des sons électroniques et des machines, au profit d’un rap plus moderne qui suit aujourd'hui les traces d'artistes tels que BadBadNotGood, Tyler the Creator, ou encore Roméo Elvis. 

VSSVD c’est aussi la nonchalance. Quand on leur demande leurs meilleures anecdotes de tournée, c’est avec légèreté qu’on nous répond : « A la suite d'un concert, lorsque nous avons demandé à être logés par l'organisation, nous avons été dirigés vers un "endroit super!" selon eux. Découverte du lieu dans la nuit : un vieux squat malsain, où le couchage se résumait à trois carrés de mousses poussiéreux et humides, infestés de clous rouillés, au milieu d'une grande pièce sombre et à l'abandon... Les gérants du bar dans lequel nous jouions nous avaient laissé les clefs pour que nous puissions récupérer nos instruments le lendemain. Nous n'avons donc pas hésité, nous nous sommes réfugiés dans le bar pour y passer la nuit. Heureusement, il y avait une table de Ping-Pong ».

Pour de l’hypertendresse, c’est par là : 

Retrouvez la playlist #GIVEMEFIVE2018

On vous présente la playlist des lauréat.e.s #GIVEMEFIVE2018 ! Hip-hop, world electronic, art rock, lo-fi, chanson française... on vous présente cinq nouveaux talents dont on n'a pas fini d'entendre parler.

18/04/2018

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