Les Biennales Internationales du Spectacles réunissent tous les 2 ans les acteur·rice·s professionnel·le·s du spectacle et s’imposent comme l’événement majeur du début d’année. Cette année, le réseau MAP sera de nouveau présent sur un stand et propose une table ronde.
À l’approche d’un nouveau cycle électoral structurant, nous sommes à un moment charnière. Un moment où il est indispensable de réinterroger nos priorités publiques, non pas seulement à court terme, mais à l’échelle des dix prochaines années.
Et parmi ces priorités, une question reste encore trop souvent mal posée : Quelle place accordons-nous réellement à la musique – et plus largement aux musiques actuelles – dans les stratégies de développement de nos territoires ?
Car la réalité est simple : la filière musicale traverse aujourd’hui une profonde fragilisation. Inflation des coûts, tension sur les financements, mutation des modèles économiques. Pourtant, dans le même temps, la musique est plus que jamais un moteur de vitalité, d’attractivité et d’économie locale.
Notre enjeu aujourd’hui est donc clair : Sortir d’une vision de la musique comme dépense culturelle, pour l’affirmer comme un investissement stratégique.
C’est précisément le sens de cette table ronde, portée par le Réseau MAP – Réseau des musiques actuelles de Paris.
Un réseau qui fédère l’ensemble de l’écosystème : lieux, festivals, producteurs, labels, studios, structures d’accompagnement.
Mais surtout un acteur-interface : entre les professionnels, les collectivités et l’État.
Un acteur capable de traduire les réalités de terrain en orientations de politiques publiques.
Pourquoi est-ce essentiel ?
Parce que la musique est aujourd’hui le premier moteur économique du spectacle vivant : 58 % du chiffre d’affaires national du secteur, 36 millions de spectateurs de concerts chaque année, 230 000 représentations.
Et au-delà de la billetterie, chaque concert, chaque festival, génère des dépenses directes dans les bars, les restaurants, l’hébergement, les transports, les commerces de proximité. Les lieux de musiques actuelles sont, de fait, de véritables infrastructures économiques locales.
Sur le terrain de l’attractivité, le constat est tout aussi clair : 7 000 festivals en France, 8 millions de festivaliers, des pics de population locale pouvant atteindre +30 %.
Et une donnée particulièrement parlante : 1 euro investi par une collectivité dans un festival génère en moyenne 3 euros de dépenses dans l’économie locale.
Mais la musique ne produit pas que de la valeur économique.
Elle produit du lien social.
Elle anime les centres-villes et les quartiers.
Elle améliore la qualité de vie.
Elle agit sur la jeunesse, la prévention, la médiation, la sécurité nocturne.
Autrement dit, la musique fabrique de la ville et du vivre-ensemble.
Et pourtant, paradoxe majeur : 67 % des festivals étaient déficitaires en 2024.
Les territoires bénéficient massivement de la musique… mais n’en assument pas collectivement le coût structurel.
Nous sommes donc face à un choix politique.
Soit nous continuons à traiter la musique comme un secteur culturel isolé.
Soit nous changeons de paradigme.
Ce changement implique d’intégrer pleinement la musique dans les politiques publiques d’emploi, d’urbanisme, de tourisme, d’économie de la nuit, de cohésion sociale.
Il implique des stratégies pluriannuelles, stables, lisibles.
Il implique une gouvernance partagée.
Le Réseau MAP porte aujourd’hui trois orientations concrètes :
– Installer des espaces de dialogue pérennes et des référents politiques identifiés.
– Sécuriser les modèles économiques et protéger les lieux dans les documents d’urbanisme.
– Accompagner les externalités positives : mobilités nocturnes, prévention, transition écologique, formation des agents publics.
Notre message est le suivant :
La musique est un investissement.
Les acteurs culturels sont des partenaires de politiques publiques.
Et sans culture vivante, il n’y a pas de territoire vivant.

Renaud Barillet
Président du Réseau MAP et fondateur des établissements du groupe Cultplace

Engagé jeune dès les années 90, dans des activités associatives humanistes et artistiques (Amnesty International, Médecin du Monde, Festival Utopia…), il devient d’abord producteur de spectacle vivant (La Symphonie Indienne, Circus Baobab, l’Affaire Desombres de Schuiten et Peeter, avec des artistes comme Ravi Prasad, Talvin Singh, Régine Chopinot, Ray Lema…).
Il travaille ensuite pour des institutions diverses et devient producteur délégué (année du Maroc en France, année de l’Algérie…). Au début des années 2000, il se lance avec ses associés dans l’aventure de La Bellevilloise qu’il fait revivre de manière contemporaine, et devient un créateur culturel identifié (lancement public de La Bellevilloise dès 2006, transformation de La Rotonde place Stalingrad en 2012, de La Petite Halle de La Villette en 2013 …).
En 2014, avec son associé Fabrice Martinez, il se passionne pour la fabrique de lieu de vie à dimension culturelle. Ensemble ils créent Cultplace destinée à accompagner l’émergence, le développement et l’exploitation de projets architecturaux singuliers, pour des sites culturels et de spectacle, des activités de bar, restauration et hôtellerie, et des lieux événementiels.
Bénéficiant d’une expertise dans la réalisation d’établissements recevant du public et la production culturelle, il réalise depuis, de nouveaux lieux. Autodidacte, inlassable curieux, féru d’architecture et fervent défenseur des libertés individuelles et de la diffusion des idées de progrès, il continue de conseiller et de fabriquer les lieux de vie qui se veulent innovants, défricheurs et ouverts aux porteurs d’idées.
Frantz Steinbach
Vice-président du Réseau MAP, Co-fondateur et directeur associé de DapopMusic, de LaboCulture et du festival Kiosquorama

Directeur associé d’entreprises dans le secteur culturel depuis 2006 (production, organisation et diffusion) et co-fondateur du fonds à impact Paradigmes&Liberté et de l’agence en conseil, formations et gestion de projets culturels LaboCulture.
Nous accompagnons les entrepreneurs dans la recherche de financements, optimisons leurs modèles économiques et structurons leurs entreprises, les coachons et formons leurs équipes.
Élu depuis 2011 au sein d’organisations professionnelles telles que la SACEM, le Réseau MAP, les Pierrots de la Nuit et l’EuroCouncil of the Night, je contribue avec mes pairs au renforcement des liens entre entreprises culturelles et pouvoirs publics ainsi qu’aux évolutions structurelles ou réglementaires de ce secteur.
J’ai été nommé par l’État français depuis 2015 pour co-fédérer le Comité de filière Nuit, chargé de renforcer l’attractivité touristique de la France par ses activités culturelles festives.
Enfin, j’interviens en France et en Europe lors de tables-rondes et conférences du secteur, dans les médias et au sein des établissements d’enseignement supérieur spécialisés dans les carrières culturelles (IESA, EMIC, ESG, Lyon Louis-Lumière II, TBS Barcelona…).
Énora Le Roux
fondatrice de la péniche METAXU

Plus de 10 ans passés sur les routes en tant que régisseuse générale (Emily Loizeau, Moriarty, Orchestre Poly Rythmo de Cotonou..), Enora Le Roux a monté en parallèle « Le Festival des Fées » festival de musiques actuelles en milieu rural durant 9 éditions (Mansfield Tya, Ben Mazué, Blick Bassy, Mélissa Laveaux, Sandra Nkake..).
Elle décide de se sédentariser à Pantin, sa ville de cœur où elle ouvre Metaxu, péniche salle de concerts de musiques actuelles défendant toujours avec ardeur la musique live.
Renaud Helfer-Aubrac
Directeur général des services à la Ville de Saint-Nazaire

Après le départ de ses fonctions de Directeur Général des Services du département de la Gironde en décembre 2023, Renaud Helfer-Aubrac prend de nouvelles responsabilités à Saint-Nazaire, en tant que Directeur Général des services de la Ville et de l’Agglomération.
Renaud Helfer-Aubrac a occupé différents postes avant d’arriver à Saint-Nazaire : consultant en stratégie dans les secteurs industriels et bancaires, conseiller technique auprès du maire de Paris Bertrand Delanoë, administrateur d’ONG, directeur de cabinet du président de la Région Languedoc-Roussillon à partir de 2015, DGS du Département de la Gironde entre 2019 et 2023… Militant humanitaire, il a également fondé en 2013 la radio d’opposition Hiya composée entièrement de femmes, émettant dans toute la Syrie depuis une ville Turque frontalière. Petit-fils des résistants français Raymond et Lucie Aubrac, il a cosigné en 2011 avec son grand-père le récit “Passage de témoin” né de leurs entretiens sur sa jeunesse.